Eh oui, la métaphysique peut nous toucher où qu'on soit...

En allant à la piscine avec mes élèves, on passe devant un mur plein de tags et de graffitis. Mes élèves sont très marqués par cela et me demandent qui a bien pu dessiner tout ça. Je réponds que je ne sais absolument pas.
Une enfant de 11 ans me demande alors : "Et moi ? Qui m'a dessinée ?"
Je connais l'enfant, je commence à flipper sur ce que je dois dire... Est-elle partie sur un de ses délires habituels ou bien s'agit-il d'une question plus profonde ?
Comme souvent dans ces cas-là, je biaise : "Je ne sais pas. Qu'est-ce que tu en penses, toi ?"
Elle rougit :"Moi, je sais. Mais je ne sais pas comment il s'appelle en français. Je le sais que dans ma langue".
Bon, clairement, elle veut parler, mais il va falloir insister. Donc j'insiste un peu, en présentant les choses favorablement : "Tu pourrais me dire son nom en djarango ? J'aimerais bien apprendre un peu ta langue".
Elle hésite et fait sa timide avant de me lâcher :"D'accord. Dans ma langue, il s'appelle Allah".

J'adore la double poésie de ce mot d'enfant. L'image de l'être dessiné par un dieu, et la fierté à peine voilée de croire posséder une langue bien à soi pour le nommer...